Amour du vélo, plaisir du partage!

Archive pour janvier 2013

Un dimanche de juin 2011 sur le Ride Retro Ardennes.

Un dimanche de juin 2011 sur le Ride Retro Ardennes. Alors que partout la sécheresse menace, la Meuse est là, pleine, verte et tranquille, à se laisser langoureusement remonter par une trentaine de furibards à biclous, robes d’époque et pantalons à pinces, dans la fraîcheur matinale bienvenue d’un lendemain d’orage. Certains furent, paraît-il, échaudés par ces nuages qui faisaient des rodomontades… Pas nous. On attaque tranquille place Ducale, lestés de baguettes et de toute chose propre à la saucissonade. Les pavés donne un petit air de Paris-Roubaix et les boyaux se chauffent pénards sur un revêtement légèrement grassouille d’après pluie. Il fait bon. On est bien. Photos de famille devant le Vieux Moulin où l’on songe à Rimbaud, mais pas de vers, pas de vers, on se contentera de humer les noisetiers donnés à tous. La Voie Verte est telle qu’en elle-même, ondoyante à souhait, billard agréable où l’on se détend les jarrets, s’accordant quelques poussées pour éprouver le matériel amoureusement préparé, et vérifier la subtile adéquation du corps, de l’âme et de la machine. On papote. On rigole. Jeff, zébulon fou, fait des allers retours et des remontées de peloton foudroyantes pour ouvrir la voie, signaler un passage scabreux, indiquer une barrière anti-voiture. Gégé, organisateur bienveillant et charmant, pourvoit à l’esprit de la chose : partage, amitié. La jeunesse, présente en nombre sur de magnifiques vélos, fixies, single et autres cross-over à deux roues, commence à faire valoir quelques échappées. La balade est douce, mais pourquoi pas quelques sprints libérateurs. Ayant laissé Nouzonville et Joigny derrière nous, nous marquons un pit stop à Bogny. Là, on nous sert quelques cafés, qui servent d’alibis aux premières mousses désaltérantes, car ça cogne, ça cogne et la sueur, sous les sacs à dos, fabrique elle aussi ses chemins de halage.  La vache, ça repart, bon rythme, vers Laifour. Dans un vaste carré d’herbe que ceinture une petite muraille, on étend des nappes à carreaux, on débouche quelques bières à la force du briquet, les mieux équipés ouvrent de bonnes bouteilles et l’on retire les chaussettes pour laisser vagabonder les doigts de pieds entre les brins d’herbe tendre. Michel, co-organisateur du ride mais qu’un fourbe VTT a gratifié d’un plâtre, nous rejoint et l’on disserte entre paillardises et vertus comparées des selles Brooks. Quelques gouttes de fin de pique-nique, où nous ont rejoints quelques marmots mignons, Denise, Lou, et Mae, laissent supposer un retour dantesque, mais non, c’était juste pour rire. Le retour? Une partie de rigolade, les kilomètres défilent sans effort et la chose est pliée en deux petites heures à tout casser. Il est 5h et des poussières, dernière pente avant Charlestown, et là, une fourche qui casse, mettant Victor au tapis. Belle frayeur, mais rien de trop grave, heureusement. On trinque sur la péniche, rafraîchis par quelques grosses gouttes qui ne mouillent même pas. L’éventail des bières ardennaises servies répercute la variété des paysages et des odeurs traversés. C’était un 5 juin de bord de Meuse, accompagné des muses, du bonheur plein les musettes. Merci à tous. Galerie Photos Video

Ride Retro 2012 La Meuse faisait la moue, chagrine sous le ciel bas et lourd.

On dit souvent que le premier roman n’est rien ; que c’est le deuxième qui compte. Un académicien blanchi sous le harnais conseille même aux jeunes prosateurs de garder leur premier roman dans le tiroir, pour ne publier que le second. Histoire d’éviter les feux de paille… Y pensait-il, Gégé Noiret-Thomé, en organisant cette deuxième édition du Ride Retro Ardennes ? Faut pas se rater, n’est-ce pas, quand on récidive. On a sa fierté. Qu’il se rassure, ce fut bel et bon, et la journée de bord de Meuse a été un délice de délassement, bourrée de parfums, entre humidité du bois (il plut un peu plus qu’un peu) et « féminité du bois » (Ah, ce parfum de Serge Lutens…), dans le sillage de la belle Manon à la bouche rouge. Par quoi commencer ? La Meuse faisait la moue, chagrine sous le ciel bas et lourd, comme un couvercle, oui, mais qui fuyait à larges eaux depuis le petit matin, commençant d’ébranler les tempéraments les plus résolus à la pédalade. Pleuvra, pleuvra pas ? Pleuvra donc. La cinquantaine de furibards rassemblés devant la « Croissanterie » de la Place Ducale avaient fait les choses en grand.   L’étiquette avait été respectée, les frocs des temps anciens revêtus, les musettes garnies, les biclous choyés. On vit même, accrochée à la boucle d’un sac à lanières, une délicieuse petite tasse de pic-nic qui ballotta chemin faisant sur le dos non moins délicieux d’une jeune fille du lycée Chanzy, dont on ne savait trop si elle s’apprêtait à la remplir de cognac tassé ou d’un lait fraise. Les forces en présence ? Les Lillois, sous l’égide de Samuel et Flo, trogne pas banale et jambes de feu, venu sur un vélo 1900 lesté de Maroilles poivrés, mûris sous la tente au camping du Mont Olympe avec son équipe. Les Rémois, venus en force, difficile de tous les citer, Nico, Louise, Gab, Seb, Arthur, Bobfixe au chapeau de paille, qui concocta une petite compil’ guinguette de première bourre, et Sylvain, bien sûr, photographe voltigeur du Ride, au catogan tenu serré et à la cagette très pro. Les autochtones étaient au rendez-vous eux-aussi : Michel, dit Mimi le ferrailleur, en garde champêtre siffleur, ou bien postier, ou bien gendarme, ou bien chef de gare, bref, en uniforme devant qui les voitures instinctivement s’arrêtent ; Jeff le voltigeur, en ouvreur, Gégé Deblaye – impeccable, Manon, Cheche, Mat, Daphné, Loumloum, Charline, Manu ; les copains de Joigny sur Meuse, Brice et son appareil photo, Blaise et les copines, Thibaud, le jeune Miko « Mercier », Quentin.Et puis les Parigots, Igor, Bertrand, Nath, John kovalski (dit J.J Reicreim), super Léa et extra Manon.Il y eut aussi un Bruxellois d’adoption, artiste peintre au jarret fougueux (mais si Xavier), cornaqué par son organisateur de frère pour ne pas mollir. Ca roulait. Mais ça pleuvait. A vingt kilomètres du départ, les k-way et ponchos s’étaient substitués aux gilets, vestons et lavallières. Seuls quelques imprévoyants continuaient en chemise, détrempés mais hardis, apparitions bizarres de sous équipement chronique dans un monde transformé habituellement en supermarché Quechua. Le bar-tabac Lecoq aussi désiré que le gîte de haute montagne dans la tempête, accueillit une horde dépenaillée et foutraque, rigolarde mais rafraîchie. Un boyau explosé, quelques hectomètres plus avant, avait donné du fil à retordre, et pas question de colle quand le taux d’humidité atteint les 100 % ! Rincés ! Restait à faire de même avec nos gosiers. On commença poliment avec un café, avant de laisser tomber et d’enquiller bières, ballons, cognac et calva, encouragés en cela par une initiative commerciale audacieuse : tout à deux euros. Nous ne décourageâmes pas le petit commerce ! Yvette Horner était interrompue de « Olas » enthousiastes quand un bulletin météo local annonçait à la télé ce que nous avions d’ores et déjà sur la tronche : flotte et draches. On repart, non sans quelques défections, mais sous une accalmie. On traverse la Meuse à Monthermé et le chemin de halage devient de toute beauté, boisé, avec les valons alentours, quelques séchoirs à tabac, des daims et des familles de canards mignons, les canetons dandinant derrière, scènes à la Jules Renard. Laifour arrive vite et avec lui la patronne du Gîte, Angélique Halaz, qui nous réserve un charmant accueil (et une poire pour la soif). Là, nous avons étendu sur les poutres ce que nous ambitionnions de sécher un peu avant de casser une croûte largement fendillée à Bogny, pour cause de pluie et de froidure. Lou avait bien grandi, depuis l’an passé… Le retour ? Facile et délassé, allégé aussi des litrons et pâtés en croûte. La pluie disparue autorisa un peloton moins ramassé, des papotages, des échappées, un peu de sport sous la buée. Michel continua ses allers-retours pour veiller sur ses ouailles, n’oubliant personne. Quant à Gégé, une pédale récalcitrante lui avait fait abandonner plus tôt sa monture octogénaire pour un vélo moins spartiate. On évita, en fin de parcours, la descente de Montcy, facilement casse-geule, pour repasser par la piscine avant d’obliquer vers « la Péniche » où l’on sortit le grand éventail des bières d’Ardennes. Deuxième édition réussie pour le Retro ride, à moins que ce ne fut déjà la troisième, la première, inconnue de tous sauf de Gégé, ayant été laissée dans un tiroir… Merci à tous ! Voir les photos Voir la video