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Ride Retro 2012 La Meuse faisait la moue, chagrine sous le ciel bas et lourd.

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On dit souvent que le premier roman n’est rien ; que c’est le deuxième qui compte. Un académicien blanchi sous le harnais conseille même aux jeunes prosateurs de garder leur premier roman dans le tiroir, pour ne publier que le second. Histoire d’éviter les feux de paille… Y pensait-il, Gégé Noiret-Thomé, en organisant cette deuxième édition du Ride Retro Ardennes ? Faut pas se rater, n’est-ce pas, quand on récidive. On a sa fierté.

Qu’il se rassure, ce fut bel et bon, et la journée de bord de Meuse a été un délice de délassement, bourrée de parfums, entre humidité du bois (il plut un peu plus qu’un peu) et « féminité du bois » (Ah, ce parfum de Serge Lutens…), dans le sillage de la belle Manon à la bouche rouge.

Par quoi commencer ? La Meuse faisait la moue, chagrine sous le ciel bas et lourd, comme un couvercle, oui, mais qui fuyait à larges eaux depuis le petit matin, commençant d’ébranler les tempéraments les plus résolus à la pédalade. Pleuvra, pleuvra pas ? Pleuvra donc. La cinquantaine de furibards rassemblés devant la « Croissanterie » de la Place Ducale avaient fait les choses en grand.

 

L’étiquette avait été respectée, les frocs des temps anciens revêtus, les musettes garnies, les biclous choyés. On vit même, accrochée à la boucle d’un sac à lanières, une délicieuse petite tasse de pic-nic qui ballotta chemin faisant sur le dos non moins délicieux d’une jeune fille du lycée Chanzy, dont on ne savait trop si elle s’apprêtait à la remplir de cognac tassé ou d’un lait fraise.

Les forces en présence ?

Les Lillois, sous l’égide de Samuel et Flo, trogne pas banale et jambes de feu, venu sur un vélo 1900 lesté de Maroilles poivrés, mûris sous la tente au camping du Mont Olympe avec son équipe.

Les Rémois, venus en force, difficile de tous les citer, Nico, Louise, Gab, Seb, Arthur, Bobfixe au chapeau de paille, qui concocta une petite compil’ guinguette de première bourre, et Sylvain, bien sûr, photographe voltigeur du Ride, au catogan tenu serré et à la cagette très pro.

Les autochtones étaient au rendez-vous eux-aussi : Michel, dit Mimi le ferrailleur, en garde champêtre siffleur, ou bien postier, ou bien gendarme, ou bien chef de gare, bref, en uniforme devant qui les voitures instinctivement s’arrêtent ; Jeff le voltigeur, en ouvreur, Gégé Deblaye – impeccable, Manon, Cheche, Mat, Daphné, Loumloum, Charline, Manu ; les copains de Joigny sur Meuse, Brice et son appareil photo, Blaise et les copines, Thibaud, le jeune Miko « Mercier », Quentin.Et puis les Parigots, Igor, Bertrand, Nath, John kovalski (dit J.J Reicreim), super Léa et extra Manon.Il y eut aussi un Bruxellois d’adoption, artiste peintre au jarret fougueux (mais si Xavier), cornaqué par son organisateur de frère pour ne pas mollir.

Ca roulait.

Mais ça pleuvait.

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A vingt kilomètres du départ, les k-way et ponchos s’étaient substitués aux gilets, vestons et lavallières. Seuls quelques imprévoyants continuaient en chemise, détrempés mais hardis, apparitions bizarres de sous équipement chronique dans un monde transformé habituellement en supermarché Quechua. Le bar-tabac Lecoq aussi désiré que le gîte de haute montagne dans la tempête, accueillit une horde dépenaillée et foutraque, rigolarde mais rafraîchie. Un boyau explosé, quelques hectomètres plus avant, avait donné du fil à retordre, et pas question de colle quand le taux d’humidité atteint les 100 % ! Rincés ! Restait à faire de même avec nos gosiers. On commença poliment avec un café, avant de laisser tomber et d’enquiller bières, ballons, cognac et calva, encouragés en cela par une initiative commerciale audacieuse : tout à deux euros. Nous ne décourageâmes pas le petit commerce !

Yvette Horner était interrompue de « Olas » enthousiastes quand un bulletin météo local annonçait à la télé ce que nous avions d’ores et déjà sur la tronche : flotte et draches. On repart, non sans quelques défections, mais sous une accalmie. On traverse la Meuse à Monthermé et le chemin de halage devient de toute beauté, boisé, avec les valons alentours, quelques séchoirs à tabac, des daims et des familles de canards mignons, les canetons dandinant derrière, scènes à la Jules Renard. Laifour arrive vite et avec lui la patronne du Gîte, Angélique Halaz, qui nous réserve un charmant accueil (et une poire pour la soif). Là, nous avons étendu sur les poutres ce que nous ambitionnions de sécher un peu avant de casser une croûte largement fendillée à Bogny, pour cause de pluie et de froidure. Lou avait bien grandi, depuis l’an passé…

Le retour ?

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Facile et délassé, allégé aussi des litrons et pâtés en croûte. La pluie disparue autorisa un peloton moins ramassé, des papotages, des échappées, un peu de sport sous la buée. Michel continua ses allers-retours pour veiller sur ses ouailles, n’oubliant personne. Quant à Gégé, une pédale récalcitrante lui avait fait abandonner plus tôt sa monture octogénaire pour un vélo moins spartiate. On évita, en fin de parcours, la descente de Montcy, facilement casse-geule, pour repasser par la piscine avant d’obliquer vers « la Péniche » où l’on sortit le grand éventail des bières d’Ardennes.

Deuxième édition réussie pour le Retro ride, à moins que ce ne fut déjà la troisième, la première, inconnue de tous sauf de Gégé, ayant été laissée dans un tiroir…

Merci à tous !

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