Amour du vélo, plaisir du partage!

Un dimanche de juin 2011 sur le Ride Retro Ardennes.

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Un dimanche de juin 2011 sur le Ride Retro Ardennes.

Alors que partout la sécheresse menace, la Meuse est là, pleine, verte et tranquille, à se laisser langoureusement remonter par une trentaine de furibards à biclous, robes d’époque et pantalons à pinces, dans la fraîcheur matinale bienvenue d’un lendemain d’orage.
Certains furent, paraît-il, échaudés par ces nuages qui faisaient des rodomontades… Pas nous.
On attaque tranquille place Ducale, lestés de baguettes et de toute chose propre à la saucissonade. Les pavés donne un petit air de Paris-Roubaix et les boyaux se chauffent pénards sur un revêtement légèrement grassouille d’après pluie.

Il fait bon.

On est bien.

Photos de famille devant le Vieux Moulin où l’on songe à Rimbaud, mais pas de vers, pas de vers, on se contentera de humer les noisetiers donnés à tous.

La Voie Verte est telle qu’en elle-même, ondoyante à souhait, billard agréable où l’on se détend les jarrets, s’accordant quelques poussées pour éprouver le matériel amoureusement préparé, et vérifier la subtile adéquation du corps, de l’âme et de la machine.

On papote.

On rigole.

Jeff, zébulon fou, fait des allers retours et des remontées de peloton foudroyantes pour ouvrir la voie, signaler un passage scabreux, indiquer une barrière anti-voiture.
Gégé, organisateur bienveillant et charmant, pourvoit à l’esprit de la chose : partage, amitié. La jeunesse, présente en nombre sur de magnifiques vélos, fixies, single et autres cross-over à deux roues, commence à faire valoir quelques échappées. La balade est douce, mais pourquoi pas quelques sprints libérateurs.
Ayant laissé Nouzonville et Joigny derrière nous, nous marquons un pit stop à Bogny. Là, on nous sert quelques cafés, qui servent d’alibis aux premières mousses désaltérantes, car ça cogne, ça cogne et la sueur, sous les sacs à dos, fabrique elle aussi ses chemins de halage.

 La vache, ça repart, bon rythme, vers Laifour.

Dans un vaste carré d’herbe que ceinture une petite muraille, on étend des nappes à carreaux, on débouche quelques bières à la force du briquet, les mieux équipés ouvrent de bonnes bouteilles et l’on retire les chaussettes pour laisser vagabonder les doigts de pieds entre les brins d’herbe tendre. Michel, co-organisateur du ride mais qu’un fourbe VTT a gratifié d’un plâtre, nous rejoint et l’on disserte entre paillardises et vertus comparées des selles Brooks.

Quelques gouttes de fin de pique-nique, où nous ont rejoints quelques marmots mignons, Denise, Lou, et Mae, laissent supposer un retour dantesque, mais non, c’était juste pour rire. Le retour? Une partie de rigolade, les kilomètres défilent sans effort et la chose est pliée en deux petites heures à tout casser.
Il est 5h et des poussières, dernière pente avant Charlestown, et là, une fourche qui casse, mettant Victor au tapis. Belle frayeur, mais rien de trop grave, heureusement. On trinque sur la péniche, rafraîchis par quelques grosses gouttes qui ne mouillent même pas. L’éventail des bières ardennaises servies répercute la variété des paysages et des odeurs traversés.
C’était un 5 juin de bord de Meuse, accompagné des muses, du bonheur plein les musettes.
Merci à tous.

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